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Le présent amendement du groupe LFI vise à augmenter les moyens des lycées généraux et technologiques afin de renforcer l’offre de spécialité et lutter ainsi contre les inégalités territoriales d’éducation et d’orientation. Depuis l’entrée en vigueur de la réforme du lycée général et technologique à la rentrée 2019, les lycéennes et lycéens de filière générale ont théoriquement le choix entre 13 spécialités (à raison de 3 spécialités en 1ère puis 2 en terminale). Cependant, de nombreux établissements ne proposent que 7 des 13 spécialités. La spécialité Science de l’ingénieur n’est, par exemple, présente que dans 737 établissements sur les 2 461 lycées d’enseignement général de l’Hexagone, soit une proportion d’à peine 30 %. Le même constat s’applique à la spécialité Arts (33 %) et, dans une moindre mesure, à la spécialité Numérique et Sciences Informatiques (47,5 %). Comme souvent, ce sont les quartiers populaires qui sont les moins bien dotés tandis que l’offre éducative est plus complète dans les établissements accueillants des élèves issus de milieux favorisés. De nombreuses lycéennes et de nombreux lycéens de quartiers populaires se retrouvent donc contraints à de longs trajets quotidiens quand d’autres renoncent tout simplement au souhait de suivre une spécialité qui n’est pas offerte dans leur lycée de secteur. C’est donc l’orientation de nombreux jeunes qui est entravée, dès le départ, par l’inégale répartition des spécialités disponibles. Une refonte de la carte scolaire, prenant en compte les réalités engendrées par la réforme du lycée et permettant à chaque élève d’avoir accès aux 13 spécialités dans les établissements de son secteur, paraît bien entendue nécessaire. Mais elle ne saurait suffire à elle seule à mettre fin à cette situation d’inégalité sans un déploiement renforcé de l’intégralité des spécialités sur l’ensemble du territoire. C’est pourquoi cet amendement propose dans un premier temps d’augmenter les moyens de l’enseignement général et technologique en lycée afin qu’aucune spécialité ne soit absente de plus de 50 % des établissements. Afin de respecter les règles de recevabilité financière, il est proposé de transférer des crédits de titre 2 à hauteur de 500 millions d’euros en autorisation d’engagement comme en crédit de paiement de l’action 04 « Enseignement général et technologique en lycée » du programme 139 « Enseignement privé du premier et du second degrés » vers l’action 02 « Enseignement général et technologique en lycée » du programme 141 « Enseignement scolaire public du second degré » à hauteur du même montant en AE et CP. Notre intention n’est pas de ponctionner le programme 139 et nous appelons donc le Gouvernement à lever ce gage.
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