I-1119




"Le groupe LFI propose, à travers cet amendement, de taxer à hauteur de 10 % l’usage de panneaux publicitaires numériques, tout en élargissant leur définition légale, aujourd'hui artificiellement restrictive, à l'auto-publicité, qui a les mêmes conséquences pour la planète et pour la pollution visuelle de l'espace public. Ces panneaux numériques présentent un coût énergétique bien supérieur aux panneaux publicitaires classiques au détriment de nos objectifs de sobriété énergétique. Les panneaux publicitaires numériques ont envahi tous les espaces de la vie commune : au sein des gares, des rues, sur les devantures des magasins et parfois même des habitations. Il n’y a plus un seul endroit préservé de pollution lumineuse engendrée par la publicité. En 2019, on dénombrait 55 000 écrans publicitaires numériques (de tailles variables) en France contre 40 000 en 2017, soit une augmentation de près de 40% en deux ans (ADEME, 2020). L’ADEME estime, dans cette même étude, qu'un écran LCD de 2 mètres carrés consomme 2 000 kWh/an, ce qui est la consommation moyenne d'un ménage français (hors chauffage) ! À l’heure où la sobriété énergétique doit être au cœur de notre stratégie de bifurcation écologique, nous ne pouvons pas nous permettre un tel gaspillage d’énergie ! Cette explosion du recours aux panneaux se poursuit. Toujours selon l'ADEME, en 2025, 300 000 écrans numériques sont en activité en France, bien que seulement 5% du total, soit 15 000 panneaux, relèvent strictement de la définition légale de la publicité. À titre de comparaison, ce taux est de 70 % aux Royaume-Uni, et de 60 % aux Etats-Unis. Une définition aussi restrictive, aboutissant à 5 %, est inacceptable et vise un aveuglement organisé du gouvernement sur le sujet. L'utilisation de ces seuls 15 000 panneaux équivaut à l’empreinte carbone de 1 200 Français, la consommation en ressources minérales de 32 000 personnes, soit la population d’une ville comme Lens, ainsi que la consommation électrique de près de 3 500 logements. Si ces 15 000 panneaux sont représentatifs de l'ensemble, cela correspond donc à l'empreinte carbone de 20 000 Français, à la consommation en ressources minérales de 640 000 personnes, soit la population d'une ville comme Lyon, ainsi que la consommation électrique de près de 70 000 logements. Énergivore, fonctionnant en exploitant des procédés cognitifs pernicieux, les panneaux publicitaires constituent également des pollutions visuelles et lumineuses. En janvier 2023, Greenpeace France a publié un sondage exclusif BVA montrant que 85 % des Françaises et Français sont favorables à une réduction du nombre des écrans numériques publicitaires visibles dans l’espace public. En restant inactif face à cette situation, le gouvernement s'en rend complice. Pour ces raisons, nous proposons donc cette taxe comme le moyen efficace de désinciter le recours à des panneaux publicitaires numériques, au profit d'une publicité plus sobre, et surtout moins ostentatoire la nuit. Son rendement pourra participer à l’effort de décarbonation de nos villes, en poursuivant par exemple l’effort de rénovation thermique des bâtiments, aujourd'hui délaissé par la macronie avec l'abandon, au moins partiel et sans l'avouer, des primes à la rénovation. "
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