II-DN73




Avec une multiplication par deux des violences physiques, une explosion du crime organisé et des coups et blessures en hausse, la gendarmerie nationale est confrontée quotidiennement à des difficultés croissantes qui impactent le matériel, mais aussi le personnel. Les derniers chiffres en date sont alarmants : 6 décès, 4 100 agressions et plus de 8 000 blessés. Depuis 2023 les coups et blessures ont encore augmenté de 1,3 %, avec une hausse qui tend à s’intensifier d’années en années. En outre-mer la gendarmerie nationale est mise à rude épreuve. 25 % des atteintes aux personnes et 30 % des homicides et tentatives d’homicides qui intègrent les dossiers de la gendarmerie nationale concernent nos territoires d’outre-mer. Face à cette adversité, le personnel de la gendarmerie nationale se veut de plus en plus inquiet et a le sentiment d’être souvent abandonné, en particulier lorsque celui-ci est blessé sur le terrain. L’augmentation des violences conduit forcément à une augmentation dans les besoins de prise en charge des blessés et de leurs familles. Or cette prise en charge est déjà décriée depuis de nombreuses années : une administration dépassée qui peine à traiter convenablement les dossiers et les gère parfois de façon « inhumaine ». En ce qui concerne les blessés et leurs familles, la grande muette ne doit pas devenir aveugle et sourde. L’enjeu d’une meilleure prise en charge est aussi un moyen de consolider l’objectif de fidélisation des forces. Une bonne prise en charge est la garantie pour le personnel de ne jamais être abandonné, surtout après une blessure. C’est aussi la garantie pour la famille que l’engagement de la gendarmerie nationale n’est jamais un engagement vain et que la Nation sera toujours aux côtés de ses serviteurs. Le présent amendement propose donc un renforcement des crédits alloués au programme 152 afin de permettre à la gendarmerie nationale d’améliorer l’accueil et la gestion de son personnel blessé ainsi que des familles. Le présent amendement incite aussi à la création d’une fonction de « référent blessé » dans chaque département de France, et en particulier les départements prioritaires. Ces référents auront pour mission d’assister les gendarmes blessés dans leurs démarches et de les accompagner autant que nécessaire. Cette mesure constitue un signal fort de soutien aux forces de sécurité intérieure et contribue directement à la fidélisation du personnel de la gendarmerie nationale. **Pour les besoins de la recevabilité financière, le présent amendement prévoit d’abonder les crédits, en autorisation d’engagement et en crédits de paiement, à hauteur de 200 000 € l’action 4 « Commandement, ressources humaines et logistique » du programme 152 « Gendarmerie nationale » ; et de minorer du même montant les crédits, en autorisations d’engagement et en crédits de paiement, pour l’action 2 « Démarches interministérielles et communication » du programme 207 « Sécurité et éducation routières ». En cas d’adoption de l’amendement, il est demandé au Gouvernement de lever cette dernière compensation.**
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